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Prévention des chutes : 7 gestes simples chez soi

Une chute sur trois après 65 ans pourrait être évitée. Sept gestes concrets, à mettre en place chez soi, pour protéger un parent âgé sans bouleverser sa maison.

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Josua Kentros

Kinésithérapeute

26 avril 20266 min

En Belgique, près d'une personne sur trois âgée de plus de 65 ans chute au moins une fois dans l'année. Une chute sur deux survient à la maison, dans des situations qui paraissent banales : un tapis qui glisse, une marche mal éclairée, un siège trop bas. Le danger n'est pas tant la chute elle-même que ses conséquences : fracture du col du fémur, traumatisme crânien, perte de confiance qui réduit l'activité et accélère la fragilisation.

La bonne nouvelle, c'est qu'une grande partie de ces chutes sont évitables. Voici sept gestes simples, à mettre en place avec un parent âgé, sans transformer la maison en hôpital.

1. Faire le tour des tapis

Les tapis sans antidérapant sont la cause numéro un des chutes domestiques chez la personne âgée. Les bords se relèvent, le pied accroche, le déséquilibre est immédiat.

Solution : retirer les tapis qui ne sont pas indispensables, ou les fixer avec des bandes antidérapantes (en quincaillerie, quelques euros). Les tapis de salle de bain doivent impérativement avoir une face ventousée.

2. Éclairer les trajets nocturnes

La nuit, le trajet du lit aux toilettes est un parcours à haut risque. Veilleuses, détecteurs de mouvement, interrupteurs accessibles depuis le lit : tout ce qui évite la marche dans le noir réduit le risque.

Solution : une veilleuse à détection automatique dans le couloir et la salle de bain. Vérifier qu'aucun meuble ne traîne dans le passage entre lit et toilettes.

3. Sécuriser la salle de bain

La douche et la baignoire sont les pièces les plus glissantes. C'est aussi là que se concentrent les chutes les plus graves (chocs sur faïence, hanche, tête).

Solution : barre d'appui dans la douche (fixée correctement, pas seulement ventousée), tapis antidérapant au fond du bac, siège de douche pour ceux qui se fatiguent debout. La barre d'appui à côté des toilettes facilite aussi le relever.

4. Surveiller les chaussures

Les pantoufles fatiguées, les semelles lisses, les talons hauts sont des facteurs majeurs de déséquilibre. Pourtant, on s'attache à ses vieilles pantoufles.

Solution : remplacer les pantoufles usées par des chaussons fermés à l'arrière, avec semelle antidérapante. Pour les sorties, des chaussures basses, lacées ou velcro, à tige souple.

5. Bouger tous les jours, même un peu

L'équilibre se travaille. Les muscles des jambes fondent vite après 70 ans en l'absence d'activité, et avec eux, la stabilité. Quinze minutes de marche par jour, ou des exercices très simples (se lever d'une chaise dix fois de suite, tenir en équilibre sur une jambe en se tenant à un appui), suffisent à maintenir un niveau minimum.

Solution : intégrer le mouvement à la routine quotidienne. Faire les courses à pied quand c'est possible. Se lever du fauteuil régulièrement. Pour les patients très fragiles, un accompagnement en kiné peut structurer un programme adapté.

6. Faire vérifier la vue et l'audition

Une vision qui baisse change la perception du sol et des obstacles. Une audition altérée diminue la conscience de l'environnement. Les deux participent à l'augmentation du risque de chute.

Solution : contrôle ophtalmologique annuel après 65 ans. Si des lunettes sont prescrites, les porter (les gardes-meubles sont pleins de lunettes prescrites jamais portées). Faire vérifier les audioprothèses si elles ne sont plus performantes.

7. Revoir les médicaments avec le médecin

Certains médicaments augmentent considérablement le risque de chute : somnifères, anxiolytiques, certains antihypertenseurs, certains traitements de la prostate. La prise de plus de quatre médicaments par jour est, en soi, un facteur de risque.

Solution : une fois par an, demander au médecin traitant de revoir la liste complète des traitements. Certains peuvent être réduits, simplifiés, ou pris à d'autres moments de la journée.

Et après une première chute ?

Une chute n'est jamais anodine, même quand elle paraît bénigne sur le moment. Statistiquement, une chute en annonce une autre : le risque de récidive dans l'année est multiplié par trois. C'est le moment d'agir, pas d'attendre.

Le médecin traitant peut prescrire un bilan kinésithérapique de l'équilibre, qui mesure objectivement la situation et oriente vers un programme adapté. Au cabinet de Trazegnies, je propose des séances ciblées : renforcement des jambes, travail proprioceptif, exercices de double tâche, et des conseils d'aménagement à appliquer chez soi.

Une chute évitée à 75 ans, c'est parfois plusieurs années d'autonomie sauvées.

Mots-clés

séniorsprévention chuteséquilibreaménagement du logement
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L'auteur

Josua Kentros

Kinésithérapeute · INAMI 1-55940-64-527

Josua Kentros exerce au cabinet Josteo à Trazegnies depuis l’installation. Spécialiste de la rééducation musculo-squelettique, post-opératoire, respiratoire pédiatrique et sénior. Conventionné INAMI, dans la région de Charleroi.

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